dimanche 29 mai 2011

Si je pouvais écrire, je vous dirais…


Je m’appelle Arianne. J’ai la dyspraxique moi et c’est pas juste! Pourquoi Hugo l’a pas lui?! Les grands à l’école, ils rient de moi! Quand je veux me balancer, ils font exprès pour prendre toutes les balançoires pour que je pleure. Moi, je le dis à Jessica (c’est ma professeur des diners!) Mais ça’m fait d’la peine, ils sont pas gentils les grands de 2ème année! À l’école, moi je suis dans la classe des kangourous. On est 8 amis dans ma classe, mais c’est pas mes amis! Ben Brittany oui mais pas Maxime parce qu’il m’a poussé dans le gazon. Des fois, y'a des amis qui crient dans mes oreilles et moi j’aime pas ça, ça’m fait mal.

J’ai 2 professeurs, je les aime parce que Mélanie elle fait le monstre et moi j’ai rier. Carole, elle, des fois elle dit que je ne suis pas disponible aux apprentissages et il faut que j’aille au coin réflexion. Quand je fais les bons choix, j’ai le droit de faire de la trampoline ou du tapis roulant. J’aime ça, je ris fort!

Des fois, je comprends pas les autres. Je comprends pas leurs faces! Des fois, ils disent qu’ils ont de la peine, mais je vois même pas de larmes! Des fois, Maman dit qu'elle est fâchée mais son front n'a même pas de lignes! Moi j’aime pas ça quand je comprends pas les faces, je pleure souvent.


Quand je vais dans la berline à Jean-Pierre pour aller à l’école, je chante toujours ma chanson des picks-up Ford. Je connais les autos et les camions. Moi, je peux dire toutes celles que je vois...Mazda, Volvo, Nissan...! Des fois, Maman et Papa me demande d’arrêter de les dire, mais moi je continue parce que j’aime ça.

L’autre jour c’était la fête de ma cousine et il y avait des ballounes. Moi, j’aime pas les ballounes parce que j’ai peur que ça pette et je me bouche les oreilles. Ça me fait pleurer ! Quand je vais à l’épicerie, je demande toujours une balloune à la madame et quand y’en a pas je suis fâchée!


Quand on est allé à Disney, moi j’avais peur des toilettes avec un œil magique. Je voulais pas faire pipi dedans et je criais fort pour que Maman comprenne que je voulais pas faire pipi là, j'avais trop peur. J’avais trop envie, Maman cachait l'oeil magique et elle disait que la toilette ne ferait pas de bruit, mais moi je voulais aller à la toilette de l’Hôtel. Papa disait que c’était trop loin et il m’a fait faire pipi dans le lavabo d’une toilette d’handicapé. M oi j’ai rier fort parce que j’ai trouvé ça drôle de faire pipi dans le lavabo.


Maman dit souvent aux autres que je suis différente parce que j’ai la dyspraxique. Moi j’aime pas ça quand elle dit ça, ça me fait d’la peine. L’autre jour, Hugo m’a dit que ça allait jamais partir et j’ai pleuré. Lui aussi, il pleure des fois. Il dit qu’il est tanné de ma dyspraxique. Il est souvent fâché parce que je veux pas lui prêter mes jouets. Mais moi j’ai pas l’goût de lui prêter! Jamais! Je lui prêterai rien du tout! Je lui fais souvent des colleux à Hugo, je l’aime mon frère.


Je vais souvent voir l’ergo. J’aime ça parce qu’elle me fait tourner dans le hamac et moi je ris. Des fois, quand il faut sauter à la marelle ou écrire, je lui dis que je le ferai jamais! Je ferai rien du tout parce que c’est trop difficile! Quand je réussis, je ris et je fais des colleux à Maman!

Arianne, 7 ans et demi.


Toute en complexité ce petit rayon de soleil aux milles émotions.  Ce que vous avez lu, c'est notre réalité de tous les jours.  Parfois on en rit, parfois on pleure.  Souvent on agit par instinct parce que dans notre guide-parents, il n'y a pas de problèmes et solutions aux situations auxquelles nous sommes confrontées.  Heureusement, nous ne sommes pas seuls.  Partager son quotidien avec des familles comme la nôtre, ça fait du bien.

6 commentaires:

  1. Et je suis certaine que des particularités, tu en découvres de nouvelles à chaque jour. Il faut le voir au quotidien pour comprendre, je crois...

    Encore une fois, merci de partager avec nous ton talent d'écriture.

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  2. Avant de lire des blogues sur des familles comme la tienne, je n'avais aucune idée de l'implication de la dyspraxie dans une vie familiale.

    Depuis que je suis maman je ne juge plus les parents, maintenant je me promet d'offrir mon sourire aux parents pour leur montrer ma compréhension et mon admiration pour ce qu'ils font pour leurs familles :-)

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  3. Chère Arianne, tu es bien chanceuse d'avoir cette maman qui t'aime au tant, qui fait plein d'efforts et de démarches pour t'offrir la meilleure vie possible, à toi, à ton frère et ton papa.


    Chère Josée, je te lève mon chapeau et te dis merci pour ce beau texte.

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  4. Très touchant!

    C'est bien de sensibiliser les gens. J'ai appris dernièrement que le fils de ma meilleure amie était dyspraxique. Chaque été, elle venait passer quelques semaines avec lui à la maison et je voyais bien qu'il avait quelque chose de différent (j'ai une fille du même âge que lui, sans vouloir les comparer, les différences sautaient aux yeux... ils ont 10 jours d'écart). J'ai commencé à lire le livre "Mon cerveau ne m'écoute pas" et j'ai appris, j'ai compris, bien des choses.


    P.S. Ma fille aussi avait peur des toilettes à Disney (même si n'est pas dyspraxique)... elle a fait pipi dans ses culottes, juste à côté de la toilette, en hurlant qu'elle ne voulait pas y aller!

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  5. Votre petite fille est un petit «ange» rempli d'amour et de belles qualités.

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Merci de prendre le temps de m'écrire...